Algorithmes émotionnels : vos likes ont des sentiments

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Ce qui se passe vraiment sur les réseaux sociaux

Avant, les plateformes analysaient : nos clics, nos likes, nos préférences.
Aujourd’hui ? Elles essaient carrément de ressentir nos émotions ! (Rien que ça)
Un arrêt sur une vidéo, un scroll un peu plus lent, une grimace captée par la caméra… tout peut devenir un signal.
Et ces signaux, ce n’est pas pour vous faire peur, mais les algorithmes commencent à les décrypter avec une précision bluffante ! Ce n’est plus juste de la recommandation. C’est carrément de la lecture émotionnelle en temps réel.
AMAZING ! Ou pas…

Une nouvelle ère pour les algos

Un algorithme ? Tout le monde voit à peu près… OK.
Mais un algorithme émotionnel, c’est quoi ?
C’est en fait une forme d’intelligence artificielle qui va AU-DELÀ du “ce que tu veux voir”.
Il veut savoir comment tu te sens.

Cela repose sur plein d’outils : reconnaissance faciale, analyse du ton de la voix, vitesse de défilement (pouce lent ? Fatigue ?)…
L’idée ? ADAPTER le contenu à ton HUMEUR, au moment même où tu l’utilises.
Imagine une sorte de radar émotionnel intégré dans ton feed…

TikTok, Meta, Spotify… déjà à fond !

TikTok bosse déjà sur des IA capables de sentir si tu es concentré, enthousiaste ou complètement désintéressé.
Meta a même déposé des brevets pour analyser les émotions via la caméra frontale (petit frisson…) ou les objets connectés (finalement on avait déjà un peu des indices hein, et c’est nous qui leur avons ouvert la porte, à coup de « vas-y » de cadeaux sous le sapin !!).

Et Spotify ? Ils ne sont pas en reste.

Spotify : quand la musique capte votre mood

Parmi les pionniers de l’IA émotionnelle, Spotify avance à pas feutrés… mais sacrément efficaces.
Leur objectif ? Ne plus seulement savoir ce que vous aimez écouter — mais comment vous vous sentez quand vous l’écoutez.

Finie la simple reco basée sur vos playlists préférées. Aujourd’hui, Spotify croise plein de signaux pour deviner votre humeur :

  • La tonalité et le tempo des morceaux que vous lancez (un petit Radiohead en mineur à 7h du mat’ ? On prend des nouvelles ?)
  • Le contenu des paroles, décortiqué par des algos NLP
  • Vos comportements d’écoute : heure, durée, enchaînement ou zapping compulsif…
  • Et peut-être bientôt : votre voix ou les sons autour de vous, via l’assistant vocal

D’ailleurs, en 2020, la plateforme a carrément déposé un brevet pour une technologie capable d’analyser votre voix — afin de deviner si vous êtes plutôt fatigué, motivé, stressé, ou juste perdu dans une journée pluvieuse.

Exemple ? Si l’algorithme capte une voix molle + un fond sonore de pluie, il pourrait vous balancer une playlist « Relax and Chill » histoire de ne pas aggraver les choses.

Discrètement, Spotify glisse donc d’une logique d’écoute à une logique d’émotion ressentie.
Et ce n’est plus juste de la musique.
C’est une expérience émotionnelle sur mesure. (Mais bon… parfois, on a quand même juste envie de pleurer sur du Adele, et c’est très bien aussi.)

how-does-the-spotify-algorithm-work


Pour les marques, c’est une vraie aubaine !

Comprendre comment quelqu’un se sent au moment précis où il voit une pub ou un post, c’est clairement un game changer.
Une personne stressée ? Propose-lui un contenu calme, rassurant.
Quelqu’un d’euphorique ? un message plus dynamique.

On est loin du marketing qui cible : “les femmes de 25-34 ans vivant en milieu urbain” — c’est le (présent)futur qui détecte l’état émotionnel réel d’un individu, en direct !
C’est puissant.

Ces marques qui prennent déjà le virage

Certaines marques ont déjà senti le vent tourner, et testent des formats qui dialoguent directement avec ces nouveaux algorithmes émotionnels.

Duolingo, par exemple, publie sur TikTok des vidéos volontairement absurdes, parfois gênantes, voire provocatrices, avec une mascotte agressive, sarcastique, et totalement imprévisible.
L’objectif ? Générer des pics émotionnels clivants — rire, surprise, malaise — qui déclenchent une forte rétention… exactement ce que les algorithmes adorent.

Ryanair joue dans le même registre, mais pousse encore plus loin la carte de l’ironie.
En se moquant de ses propres services ou des attentes de ses clients, la compagnie crée des mini-crises de frustration ou de second degré qui déchaînent les commentaires. Ce n’est pas “beau”, mais c’est efficace : ils exploitent la réaction émotionnelle (même négative) comme un levier de visibilité.

Sephora, à l’opposé, adopte une stratégie émotionnelle plus douce : vidéos lentes, ASMR maquillage, storytelling apaisant autour du soin et du rituel.
Ces contenus favorisent la sensation de bien-être ou de “safe space” — parfait pour capter l’attention d’un utilisateur en quête de calme ou de réassurance.

Un vrai contre-pied, qui montre qu’il n’y a pas une seule bonne émotion… mais un bon timing émotionnel.

Mais attention… on touche à l’intime…

Ce genre de techno pose de vraies questions.
Veut-on vraiment que notre tristesse ou notre joie soient utilisées pour nous vendre quelque chose ?
Sommes-nous clairement informés ? Et qui garde la main sur ces données ?

Ne flirte-t-on pas avec la manipulation émotionnelle ?
(Les réseaux, les marques… vont-ils avoir encore plus d’influence que notre ex pervers narcissique pour lequel on a déjà signé pour 4 ans de thérapie ?)

Et même si des règles existent (coucou le RGPD), le champ émotionnel est encore assez flou légalement.
Les marques doivent donc jouer la carte de la transparence. C’est plus qu’une bonne pratique : c’est une obligation morale.

Ce que les marques peuvent faire dès maintenant

  1. Se former a minima sur ce qui se passe côté techno.

  2. Créer des contenus qui résonnent, sans tomber dans l’émotion surjouée.

  3. Rester sincères : le public détecte vite quand c’est trop “travaillé”.

  4. Travailler avec des pros de l’éthique : UX, psychologie, etc.

  5. Et surtout : se poser des limites, parce que tout ce qui est faisable techniquement ne l’est pas forcément humainement.

En résumé

Les algorithmes émotionnels sont !
Ils sont déjà actifs, discrets, mais puissants.
Ils changent notre rapport aux contenus, et pour les marques, c’est autant une CHANCE de mieux connecter avec leur public… qu’un devoir de responsabilité.

Maintenant à elles de choisir : créer un lien sincère ou risquer de devenir intrusives
Car la frontière entre marketing empathique et manipulation est très mince. Et elle mérite d’être respectée.

Et, à condition d’être bien informé, l’utilisateur pourra/devra toujours consommer produits, services et contenus en conscience.

Alors ?
On se moque moins de Snowden et des « parano » du scotch sur leur webcam

  


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